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Et si c'était ça un chien !?

Les Humains ont tendance à voir le monde animal selon leur propre mode de vie. Ainsi, les employés sont gérés par des patrons, dans certains pays les hommes ont la main mise sur les femmes, les adultes contrôlent la vie des enfants, etc... Notre vie d'Humain est basée sur un système hiérarchique.

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Mais qu'en est-il réellement du côté des chiens ? 

Les chiens domestiques ne descendent pas du loup gris, mais ils ont le même ancêtre commun, tout comme le coyote, le chacal (3 espèces avec lesquels ils peuvent s'hybrider) et autres canidés. Les chiens sont principalement des vidangeurs et des animaux "en attente de nourriture". Placés stratégiquement dans des dépotoirs, les ancêtres de nos chiens actuels attendaient leur nourriture, et n'ont donc pas eut besoin d'une structure sociale complexe pour se reproduire et élever leurs petits (la nourriture étant abondante et à proximité). Dans un contexte d'abondance des ressources, le chien a-t-il réellement besoin d'une structure sociale basée sur la meute et la hiérarchie ? Bien sûr que non...

La hiérarchie canine est remise en question par un très grand nombre de spécialistes internationaux !

La façon de voir les chiens comme étant des dominants et des soumis est désormais inutile et nuisible à la bonne compréhension du comportement canin. Tous les animaux de la planète (y compris les Humains) ont tendance, pour assurer leur survie et la reproduction de leur espèce, à perpétuer des comportements qui leur apportent un bénéfice et à ne pas répéter des comportements qui ne leur apportent rien et qui gaspillent leur énergie. Le chien apprend au travers de ses expériences, comme tous les autres animaux, que certains comportements sont payants, c'est-à-dire qu'ils lui apportent un avantage. Cet avantage sert alors de levier pour augmenter la probabilité qu'un comportement se répète. Au contraire, il apprendra aussi que d'autres comportements ne lui apportent rien ou quelque chose de négatif, il aura alors tendance à ne pas vouloir les répéter car ils gaspillent son énergie. Le but ultime des comportements sociaux est le contrôle des ressources qui sont essentielles à la survie de l'animal et de son espèce : La nourriture, l'eau, les individus avec lesquels il peut se reproduire et avoir des contacts sociaux, et le territoire. Le chien apprendra à partir de son tempérament et de ses expériences, à prendre ou non le contrôle de ces ressources. Il faut savoir que par nature, il adoptera des comportements et des attitudes qui le rapprocheront de leurs possessions.

Voilà pourquoi nous lui apprendrons le partage dès son plus jeune âge :

 

Nous avons donc vu que tout comportement qui lui sera payant aura tendance à être reproduit, qu'il soit positif ou négatif pour l'Humain, et inversement, voici des exemples :
Le chien ronge un os, un Humain s'approche, le chien montre les dents et grogne, l'Humain recule. Le comportement ayant été payant pour le chien il aura tendance à le reproduire. Le chien monte sur une chaise, la chaise bascule avec un très gros bruit qui lui fait peur, lui tombe. Le comportement n'ayant pas été payant pour le chien, il n'aura pas envie de le reproduire. 

Suivant son tempérament, le chien, apprendra plus ou moins vite ce qui est payant ou non pour lui.  Cela ne veut pas dire que notre chien ne peut se retrouver dans des situations où il sera tantôt le chef, tantôt le subordonné.  Par exemple, si on place un morceau de viande entre deux chiens, l'un des deux adoptera une stratégie de dominance qui le conduira à gagner la viande, tandis que le second démontrera un comportement de soumis, en laissant la viande à son belligérant. Mais ici, on parle de "situation" et non de "tempérament". Comme vous avec certainement pu le constater, on pourrait dire qu'un même chien peut être dominant dans une situation et soumis dans une autre. Le qualifier alors de "dominant" ou "soumis" en général est en soit une aberration. En voyant le chien sous cet angle il est plus facile d'apprendre au chien, et de remédier aux troubles du comportement, en trouvant ce qui est payant pour lui dans certaines situations. On peut ainsi défaire de mauvaises associations pour en créer de meilleurs.

La "bagarre" est un jeu où nous pouvons constater, chez des chiens équilibrés, que victoires et défaites se succèdent pour les deux chiens (chez des chiens mal socialisés ce jeu peut vite mal tourner, car certains n'auront malheureusement pas appris à perdre et ne l'accepteront donc pas...) :

 

Et qu'en est-il de la hiérarchie Humain <-> Chien ?

A l'heure actuelle, vivre avec son chien devrait se résumer en 3 mots : compréhension, confiance et complicité. Mais malheureusement, subsiste encore aujourd'hui la notion que, pour avoir le contrôle sur un chien, nous devons le soumettre à notre volonté, donc devenir le dominant, l'Alpha dans la meute ! Or, ces schémas de dominance faisaient école dans les années 75, heureusement, les choses ont bien évolués et pour celui qui veut être un bon Humain pour son chien, patient et compréhensif, les ressources existent. Il faut savoir que la théorie la plus dangereuse pour la relation entre le chien et l'homme est celle de la dominance.

Très peu de recherches ont été faites sur le sujet de la dominance chez les chiens vivants au sein d'une famille. Les théorie que nous entendons partout à l'heure d'aujourd'hui sur le comportement canin viennent en réalité de recherches faites en étudiants les loups et en captivité de surcroît, alors nous comprendrons mieux pourquoi, en y regardant de plus près, ces théories ne s'appliquent pas aux comportements canins. Le chien n'est pas un loup ! Il en est le cousin, tout comme l'Humain et le Chimpanzé. Donc les modèles de structure sociale sont aussi différents entre le chien et le loup qu'elles le sont entre les grands singes et l'homme. Jamais il ne nous viendrait à l'idée de copier des modèles d'éducation chez les primates pour élever les enfants, alors pourquoi regardons-nous du côté des loups lorsque nous cherchons à mieux comprendre nos compagnons canins ?

"Les biologistes et éthologistes Raymond et Lorna Coppinger ont apporté une toute nouvelle perspective à l'origine des chiens en étudiant un groupe de chiens sauvages vivant en périphérie de la ville de Pemba au Mozambique. Ils ont conclu que, lorsque les chiens avaient accès à tout ce qui était nécessaire à leur subsistance : nourriture provenant de dépotoir, eau et abri, ils n'avaient aucune raison de former des meutes. Ils vivaient des vies semi-solitaires ou en petit groupe, la majorité du temps composé de la mère et de ses rejetons. Nous pourvoyons tout ce qui est nécessaire à la sécurité, au confort et la subsistance de nos chiens, ils ne nous perçoivent donc pas comme étant les dominants de la meute mais bien comme une bonne opportunité. Nous pouvons dire que le chien profite de ce que l'Humain peut lui offrir !

Raff' n'est pas monté sur ce fauteuil pour se "sentir" supérieur, mais seulement pour profiter de ce confort qui lui est offert :


Les chiens ne sont pas en compétition avec l'Humain pour un rang plus élevé, pour devenir le chien Alpha. Selon les théories de dominance, l'Alpha devient pourvoyeur et protecteur du groupe, il serait vraiment contre-productif pour un chien de convoiter ce statut lorsque tous ses besoins de base sont comblés (B.A.S.E. - bouffe, abri, sexe, eau). De plus, pour être en compétition pour le titre d'Alpha, il faudrait être dans la même catégorie : celle des chiens... Or nous ne sommes pas des chiens, nous n'agissons pas comme eux, nous ne sentons pas comme eux et surtout, nous ne nous comportons pas comme eux. Le chien est un animal social tout comme nous, voilà pourquoi la cohabitation est possible. Certainement pas parce que nous sommes l'Alpha de leur meute ! La notion de dominance est une interprétation erronée des comportements canins.

Avec un mode de vie comme celui dans lequel nous vivons, la solution qui paraît la plus rapide est souvent celle qui est privilégiée. Votre chien s'assoit sur vos pieds, demande des caresses, essaie de monter sur les lits, monte sur le canapé, jappe, fonce à la porte pour sortir, tire sur la laisse, saute, vole de la nourriture sur les tables ou mordille : ATTENTION !!! Vous risquez de vous faire dire que votre chien est dominant et que vous devez à tout prix reprendre le rôle de chef de meute. On ira peut-être même jusqu'à vous dire d'attraper votre chien par la peau du cou, de le secouer, de le forcer à se coucher sur le dos, et de le maintenir au sol jusqu'à ce qu'il se soumette. Basé sur l'observation des loups, ce comportement était perçu comme une façon pour le dominant d'imposer sa loi. Mais voilà, il s'agit en réalité d'un rituel d'apaisement OFFERT par le subordonné. Tout ce rituel se fait sans force, ni agressivité. Par contre, des recherches ont établi que si un loup renversait un autre loup contre sa volonté, il avait clairement l'intention de le tuer. Imaginez maintenant comment votre chien peut interpréter ce geste...

Un chien peut avoir accès à tous les endroits de la maison, à condition qu'il soit équilibré, qu'il ai reçu une éducation adéquate lui apprenant le partage des ressources et la non-possessivité :


En tant que guide et protecteur de nos chiens, nous avons la responsabilité de regarder l'animal dans son ensemble, dès lors, le bien-être physique doit se situer sur la même échelle de priorité que son bien-être psychique. Pour le chien, les deux états les plus importants, les pôles de son bien-être ou mal-être se résume à ceci : la sécurité ou le danger. Ces états varient en intensité et motivent la totalité de ses actions. L'apprentissage se fait plus rapidement s'il se sent complètement en sécurité ! Lorsque le chien est dominé, soit par des moyens aversifs, soit par des contentions inappropriées, nous augmentons son insécurité. De ce fait, nous diminuons sa capacité d'apprentissage.

Le but de l'éducation est de guider le chien vers des comportements en accord avec notre mode de vie. Il y a des méthodes simples, efficaces et rapides pour obtenir les comportements désirés de nos compagnons canins et ce, dans le respect mutuel et la non-agressivité. En dominant, seule la peur est enseignée, et par peur, votre chien finira peut-être par vous donner le comportement voulu... Mais pour combien de temps et qu'en est-il de la confiance et de la complicité !? Nous avons la responsabilité des animaux qui partagent notre vie et c'est seulement par une socialisation adéquate, un entraînement basé sur le renforcement positif et le plaisir, que nous parviendrons à réaliser une complicité entre l'homme et son chien.


POUR EN SAVOIR PLUS ALLEZ VISITER LA PAGE "BIBLIOGRAPHIE" AFIN DE CONNAITRE LES OUVRAGES SUR LES NOUVELLES ETUDES ECOLOGIQUES CANINES EN CLIQUANT ICI

 

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